C’est dans la vieille ville de Jérusalem, à quelques pas de la porte de Jaffa qui mène au quartier juif, que l’on trouve le plus ancien salon de tatouage du monde selon le Guiness World Records : Razzouk Tattoo !
Une tradition chrétienne ancestrale
Si le tatouage est interdit dans l’islam et le judaïsme, il a longtemps été une tradition pour les pèlerins chrétiens coptes. Ces derniers se faisaient tatouer un souvenir de Jérusalem, un geste aussi symbolique que distinctif, au même titre que de porter une croix ou un chapelet.
À l’époque des croisades, le tatouage est adopté par les croisés en souvenir du temps passé en Terre Sainte. Dès le XXᵉ siècle, il devient d’ailleurs une preuve de pèlerinage à Jérusalem.
La famille Razzouk : 28 générations de tatoueurs
Le salon appartient à la famille Razzouk, qui pratique l’art du tatouage depuis le XIVème siècle. C’est en 1750 que Jersuis Razzouk, un prêtre copte, s’installe à Jérusalem. Il commence à tatouer dans les arrière-cours des églises, avant d’ouvrir son salon dans la vieille ville de Jérusalem.
D’autres salons ont existé à Jaffa et à Bethléem, mais seul celui de la famille Razzouk a perduré jusqu’à aujourd’hui. Le métier se transmet de père en fils, depuis 28 générations.

Wassim Razzouk, 27ème génération
Techniques de tatouage et motifs uniques
À la différence des tatouages européens classiques, le salon Razzouk utilise des blocs de bois d’olivier gravés avec le dessin. Certains de ces blocs ont traversé plusieurs générations, tandis que d’autres sont conservés dans des musées.
Parmi les motifs traditionnels, on retrouve Croix, Vierge Marie, Saint Georges terrassant le dragon ou encore le lion de Juda.

Tatouage du motif Lion de Juda sur la jambe de Black Bird , tatoueur et illustrateur
Aujourd’hui, le salon propose également des designs modernes, attirant jeunes Israéliens, Palestiniens et touristes du monde entier. Razzouk forme également des tatoueurs internationaux à cette technique ancestrale, comme Mikael de Poissy en France.
Bien que le tatouage soit interdit dans le judaïsme, certains artistes se réapproprient aujourd’hui la culture juive avec des créations symboliques, comme par exemple Rocky Grononos.

Tatouage réalisé par Rocky Grononos, inspiré de la Kabbale

